Point de vue

Publié le par Christophe Chaudun

Le premier tour de l'élection présidentielle a placé en tête E. Macron et M. Le Pen.

Les deux candidats sont frontalement opposés dans leur idéologie.

Le premier se veut profondément Européen et ouvert sur le monde quand la deuxième prône le repli de la nation sur elle même et la sortie de l'union Européenne.

L'enjeu du deuxième tour se situe bien sur ce choix fondamental pour notre avenir avant toute considération de programme de l'un ou de l'autre. 

Sans hésitation j'ai toujours défendu l'idée et le choix d'une France ouverte et Européenne, et sans tomber dans la croyance en l'homme providentiel, je poserai mon vote et je pose mon soutien sur E. Macron car il représente ce premier socle fondamental des valeurs républicaines et européennes qui sont les miennes.

Alors dans une seconde analyse, il y a bien sur des points programmatiques qui nécessiteront des discussions car ils ne me semblent pas suffisamment expliqués ou aboutis. Mais ce sera le rôle du parlement que d'amender, refuser, accepter et débattre sur ces points. C'est pour cela qu'il faudra que les idées de gauche sociales démocrates et écologistes soient bien représentées à l'Assemblée pour peser sur le débat, infléchir ou conforter les propositions du futur gouvernement.

Je pense à la suppression de 70 000 fonctionnaires dans les collectivités par exemple. Pourquoi imposer cette purge dans les collectivités quand elles ont toujours gérer leur budget de fonctionnement sans déficit. Ce serait déresponsabiliser les élus et j'ai envie de dire que l'état doit commencer par s'occuper de son budget avant de faire la leçon aux autres...

Je pense à l'exonération de la TH pour nombre de foyers qui si elle représente une bonne mesure pour ces derniers, reste une perte d'une part de recette dynamique pour les collectivités. L'autonomie fiscale ne portera que sur la part restante de la recette.

Je pense à la fracture Urbain / Rural qui se traduit clairement dans les résultats de cette élection et pour laquelle E. Macron devra clairement approfondir sa vision de l'aménagement du territoire (sur la mobilité, les services publics, le médical...) pour enrayer cette cassure qui conduirait irrémédiablement le pays au Nationalisme dans 5 ans.

Bref, bien d'autres thèmes seront à débattre dans les prochaines années mais il faut reconnaître que remettre en marche le rôle d'évaluation du parlement sur les lois est de nature à redonner du sens à la démarche démocratique dans notre pays.

Donc cela, comme je le disais plus haut reste secondaire face au choix à faire aujourd'hui.

Dans un deuxième chapitre, il faudra également donner une majorité à ce président pour gouverner car le risque est grand de revoir la droite pointer son nez et le risque est grand d'avoir des groupes divisés à l'assemblée sans pouvoir dégager de majorité présidentielle stable, façon 3ème république. Le pays s'engouffrerai vers le blocage.

Alors aujourd'hui, nous avons tous la responsabilité de construire cela pour que le pays avance. Cela ne sera possible que si les composantes de gauche social-démocrates, écologistes, centristes participent à la structuration de l'édifice du projet d'en Marche qui devra en assurer le ciment.   

Mais pour cela, il faudra d'abord passer l'étape de l'abstentionisme et du vote blanc lors du 2ème tour car à ce moment rien n'est fait.

Là aussi chacun prendra ses responsabilités en écoutant religieusement ou pas son gourou. Mais est-il nécessaire de relire son histoire ou de rappeler qui est le front national. Le vote blanc sera ici, dans cette élection précise, et comme sa couleur l'indique celui de la préférence nationale, celui ou l'on prend le risque de voir le nationalisme au pouvoir.

Moi, je ne prendrai pas ce risque.

Pour toutes ces raisons, je voterai E. Macron.

Christophe Chaudun